
A travers une mer huileuse, allumeuse
des nuées, aux nuances de vapeur d'alcool,
D'Air mazouté, odeur de peinture et de colle
De cordes enroulées, goudronnées, noueuses
je divague, je tangue
Entre un dernier tango, un saxo sur les quais*
En pensant, en avançant vers nulle part
Sous les treuils, cabestans, poutrelles d'acier
Des rails s'évadent au bord des vagues
Se croisent parfois, aux confins des digues
Des images trainent, s'attachent, m'arrachent
Comme De Vieux souvenirs,
Des lueurs s'encrent, entrent,
Dorment à l'entrée du port, je m'endors
Des frissons, des impressions sombres
se projettent au fond sur écran Géant,
je songe, je longe
Des grands hangars salés au goût fumé,
Reflet d'hier et d'aujourd'hui, un brin de pluie
Se mêlent au gris des gros colis, mélancolie
Je suis ce figurant errant, le long des conteneurs
Des bidons îles, des grues mouillées, souillées
Je suis aussi un peu ce docker, ce rocker,
Sous un air un peu méchant, juste en vrai vagabond
On the Waterfront, je passe la nuit en écrivant
Sic







